Vos chèques-repas expirent. Bruxelles ne s'en rend pas compte.
Depuis janvier 2026, la petite carte que tout le monde a en poche vaut jusqu'à 50 euros par semaine. La ville n'a pas encore compris ce que cela change au dîner.
Tanto Cuisine · 21 juillet 2026 · 2 min de lecture
Tanto Cuisine
Il y a un geste que Bruxelles fait des centaines de milliers de fois par jour sans le regarder. Midi, un comptoir, un terminal, et une carte qui n'est ni une carte de banque ni une carte de fidélité. Edenred, Pluxee, Monizze, les noms changent selon l'employeur, le geste reste. Le chèque-repas est une institution belge depuis des décennies, si installée qu'on a arrêté d'y penser.
C'est dommage, parce qu'en janvier 2026 la règle a changé, et presque personne n'a levé la tête. Le plafond est passé à 10 euros par jour travaillé. Cinq jours de travail, 50 euros. Par semaine. Ce n'est plus de l'argent de sandwich, c'est un budget de table.
- La règle 2026
- Jusqu'à 10 euros de chèques-repas par jour travaillé, chargés par l'employeur.
- La semaine
- Cinq jours travaillés, jusqu'à 50 euros sur la carte.
- Le détail que tout le monde oublie
- Un chèque non utilisé finit par expirer. Cet argent meurt en silence.
Et pourtant, regardez ce que la ville en fait. Un sandwich ici, un passage en caisse là, un solde qu'on ne consulte jamais. Les émetteurs le savent : une partie de cet argent n'est jamais dépensée. Il dort sur la carte, puis il expire. De l'argent gagné, prévu pour manger, qui disparaît sans avoir nourri personne. À l'échelle d'une personne, c'est un détail agaçant. À l'échelle d'une ville, c'est un gâchis considérable.
La raison est simple : le chèque-repas a été rangé mentalement dans la case midi. Il paie le lunch entre deux réunions, la salade d'à côté, la caisse du supermarché. Personne ne l'a jamais invité à dîner.
À huit plats, un repas vaut exactement un chèque.
Faites le calcul une fois, il ne vous lâchera plus. Une semaine de huit plats revient à 10 euros le repas. Un jour travaillé charge jusqu'à 10 euros sur la carte. Un repas, un chèque. La semaine de dîners coûte exactement ce que la semaine de travail a déjà mis de côté pour manger. Et la semaine la plus courte, quatre plats à 44 euros, reste sous les 50 euros que la carte peut porter.
Ce n'est pas une promotion. C'est une correspondance. D'un côté, un budget repas que la Belgique a décidé de donner à ses travailleurs, avec une date de péremption. De l'autre, une semaine de vrais dîners, cuisinés le samedi dans une cuisine de traiteur à Auderghem, livrés le dimanche. Les deux existaient déjà. Il suffisait de les présenter l'un à l'autre.
Nous ne dirons pas que le dîner devient gratuit, ce serait faux et un peu vulgaire. L'argent est à vous, vous l'avez gagné. Nous disons seulement ceci : avant d'expirer en silence, vos chèques peuvent mettre la table.
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