Le rituel de la semaine

La semaine a une forme

Jeudi elle s'ouvre, mercredi elle se ferme, samedi elle cuit, dimanche elle arrive. Petit éloge du rendez-vous, contre le robinet à repas.

Tanto Cuisine · 28 juillet 2026 · 2 min de lecture

Tanto Cuisine

Personne ne se souvient d'avoir décidé ce qu'on mangeait jeudi dernier. C'est le propre des semaines modernes : elles n'ont plus de forme autour de la table. On mange tard parce que la réunion a débordé, on commande parce que le frigo est une nature morte, on scrolle des restaurants comme on scrolle le reste. La nourriture est devenue un robinet, toujours ouvert, jamais attendu.

On voudrait proposer autre chose : une semaine avec une colonne vertébrale.

Jeudi
Le menu tourne. Sept nouveaux plats paraissent, comme un numéro qui sort.
Mercredi 23h59
La semaine se ferme. Modifier, sauter, annuler, sans frais, sans coup de fil.
Samedi
La cuisine cuisine. Tout, la veille de la livraison, rien de surgelé.
Dimanche
La table. Entre 14h et 18h, ou le lundi soir entre 18h et 20h.

Le jeudi est notre jour de parution. Un menu court, pas quarante plats, choisis pour tenir ensemble une semaine, avec de la viande, du végétal, du doux et du relevé. On les lit comme on feuillette : celui-ci oui, celui-là pas cette fois. Quatre plats suffisent à ouvrir une semaine.

Le mercredi soir, à 23h59, la semaine se verrouille, et ce verrou est une politesse. Il ne vous enferme pas, il nous engage. À partir de là, la cuisine sait exactement pour combien de tables elle cuisine, elle achète exactement ce qu'il faut, et rien ne finit à la poubelle faute d'avoir été compté. Jusqu'à cette minute, tout est libre : on modifie, on saute une semaine, on s'en va, sans frais et sans formulaire caché.

Le samedi, on ne fait qu'une chose. C'est pour ça qu'elle est bien faite.

Brice, un samedi matin

Le samedi, la cuisine d'Auderghem ne fait rien d'autre que votre semaine. Les produits frais sont arrivés la veille, le plan de travail est une carte de la ville en barquettes, et tout ce qui sera sur votre table dimanche est cuisiné ce jour-là, la veille de la livraison. C'est le contraire d'un entrepôt : un jour, une cuisson, une ville.

Et puis dimanche, quelque part entre 14h et 18h, la semaine sonne à la porte. Ce moment-là, on ne s'en lasse pas : la boîte posée sur la table, le frigo qui se remplit d'une semaine entière, et cette sensation particulière, dimanche à 18h05, d'avoir déjà réglé la question que lundi pose toujours.

On pourrait croire qu'un rendez-vous fixe est une contrainte. C'est l'inverse. Le robinet ouvert en continu ne procure aucune joie, personne n'attend l'eau du robinet. Le rendez-vous, lui, fabrique de l'attente, et l'attente est la moitié de l'appétit. Le magazine qui paraît, le marché du dimanche matin, le pain qui sort à heure fixe : tout ce qui se mange bien a un jour.

La semaine prochaine a déjà une forme. Il ne lui manque que votre table.

À lire ensuite

Vos chèques-repas expirent. Bruxelles ne s'en rend pas compte.

Depuis janvier 2026, la petite carte que tout le monde a en poche vaut jusqu'à 50 euros par semaine. La ville n'a pas encore compris ce que cela change au dîner.

La liste d'attente

La liste d'attente commande en premier à la réouverture.

Ensuite, la cuisine

Les mains derrière ces pages sont en cuisine.

La cuisine rouvre le 20 août, premières livraisons le dimanche 30 août.

Nous utilisons des cookies

Nous utilisons quelques cookies pour faire fonctionner le site, et des cookies optionnels pour comprendre le trafic et mesurer nos publicités. Choisissez ce qui vous convient, vous pourrez changer d'avis à tout moment. Politique de confidentialité